Sur le plateau d'Evenprod Medias, l'économiste et banquier d'affaires Seydina Alioune Ndiaye, qui alertait dès janvier sur un risque de défaut de paiement, salue l'accord signé avec le Fonds monétaire international — tout en appelant à la prudence sur sa portée réelle.
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Une bouffée d'oxygène, pas un sauvetage
Seydina Alioune Ndiaye rappelle avoir alerté dès octobre 2025, dans une note de plusieurs dizaines de pages, sur le risque d'asphyxie financière du Sénégal — un service de la dette qui tournait alors autour de 300 à 400 milliards de francs CFA par mois. Il salue la « clairvoyance » des autorités d'avoir fini par renouer avec le FMI, mais relativise aussitôt l'ampleur du soulagement : les 2,2 milliards de dollars promis sur trois ans représentent moins d'un quart du seul besoin de financement de l'année 2026, évalué à près de 10 milliards de dollars.
« Il ne faut pas qu'on soit dans l'euphorie de penser que le mois prochain, le FMI va injecter 2,2 milliards. Ce n'est pas encore le cas. »
Un accord technique, pas encore validé
L'économiste rappelle que l'accord signé n'est, à ce stade, qu'un « Staff Level Agreement » — un accord entre équipes techniques. Deux étapes restent à franchir : la validation par la direction générale du FMI, puis le passage devant le conseil d'administration, probablement en octobre, à l'occasion des rencontres annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Autre condition posée par le Fonds, souvent négligée selon lui : l'obtention d'assurances de financement de la part des créanciers extérieurs, notamment bilatéraux.
Le vrai enjeu : la relance économique
Au-delà du diagnostic, largement partagé depuis des années, Seydina Alioune Ndiaye estime que le débat doit désormais porter sur les solutions : comment mobiliser les capitaux privés, remettre en marche des moteurs de croissance à l'arrêt depuis deux ans. De son côté, l'industriel Amadou Seck, alors que le taux de chômage atteint 22 % au premier trimestre 2026 selon les chiffres qu'il cite, retient quatre priorités posées par le FMI : élargir l'assiette fiscale sans augmenter les taxes, réduire les dépenses de l'État, instaurer une plus grande rigueur dans la gestion des entreprises publiques, et renforcer l'économie.
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