Invité de la matinale d’Evenprod Médias, le politologue et internationaliste Aziz Salmone Fall a passé au crible la situation politique, économique et institutionnelle du Sénégal et du continent. Porteur du projet de société « Seen Égalité », il a livré une analyse incisive sur les limites du système étatique actuel et la nécessité d'une refondation profonde.
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« Le palais de la République est le vestige du gouverneur, nous en ferons une grande bibliothèque nationale »
Critique acerbe de la structure de l'État, Aziz Salmone Fall estime que la République actuelle n'est pas assez sociale et demeure taillée sur la matrice du projet colonial et néocolonial. Pour briser ces chaînes, il plaide avec conviction pour l'instauration d'une Troisième République issue d'une véritable Assemblée constituante.Dans cette perspective de rupture symbolique et structurelle, il propose de transformer le palais présidentiel qu'il qualifie de vestige de l'ère du tirailleur et du gouverneur en une grande bibliothèque nationale, afin d'ériger un véritable « palais du peuple ».
« Les micronations pour nous ne sont pas viables : l'avenir est à l'unité fédérale »
Fidèle à ses engagements panafricanistes et s'inscrivant dans la droite ligne de la pensée de Cheikh Anta Diop, l'internationaliste a rejeté l'idée d'un repli nationaliste étriqué. Selon lui, face à un monde globalisé et archipélisé, les « micronations » africaines ne disposent pas de la viabilité nécessaire pour s'imposer. Il appelle ainsi à une intégration continentale poussée vers une unité fédérale, seule capable de garantir la souveraineté économique, monétaire et sécuritaire des peuples africains.
« Ce n'est pas parce que ces gens empruntent nos discours qu'ils sont capables de le faire »
Interrogé sur l'avènement du pouvoir actuel incarné par le Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye, Aziz Salmone Fall a salué l'énergie du changement et la prise en compte des colères populaires, tout en émettant de sérieux doutes sur la portée progressiste réelle des politiques menées. S'il reconnaît que le nouveau régime a su capitaliser sur des thématiques de souveraineté longtemps portées par la gauche, il déplore qu'il se retrouve rapidement rattrapé et englué dans les contraintes du système libéral et de la dette. Pour lui, une véritable révolution ne se décrète pas par un simple changement d'équipe, mais exige une transformation structurelle et mentale en profondeur que l'exécutif peine encore à matérialiser.
1 commentaire
J'affirme ce que dit Aziz, le meilleur parmi les meilleurs des politiciens, vraiment dommage que les sénégalais ne le découvrent pas comme moi