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Octobre rose
LISCA PERFORM Fasséma — Bande-annonce · Épisode 12
Société

Nefertiti Sow, la Ruby de Takkema sans filtre

Publié le 5 septembre 2026 à 14h14

Vingt et une minutes de confidences dans notre rendez-vous Portrait. Le nom d'une reine égyptienne, le visage de Ruby dans Takkema, et une jeune femme de 28 ans qui refuse de se laisser enfermer dans un rôle.

E Evenprod Medias Publié le 5 septembre 2026
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23:09
Portrait - Episode 10 avec Nefertiti Sow (Rubi) "j'ai subi une agr£ssi0n s£xù£lle" · voir la page de la vidéo

Nefertiti Sow porte un nom qui ne laisse personne indifférent. « C'est mon vrai nom, c'est mon papa qui l'a choisi », confie-t-elle. Pas d'égyptologue dans la famille : son père a simplement trouvé qu'elle avait « les mêmes yeux » que la reine dont le nom signifie, en égyptien, « la belle est venue ». Diplômée en France en commerce international et management des univers marchands, elle rentre au Sénégal pour monter sa propre boutique — avant d'être repérée par les maisons de production, dont Evenprod.

Un nom de reine, un destin par hasard

Son entrée dans le cinéma tient presque du hasard. C'est un ami mannequin qui l'inscrit, à son insu, pour une figuration dans une série Netflix. « J'ai reçu le mail, je lui ai dit : j'ai reçu un spam, je comprends pas », se souvient-elle en riant. Résultat : un tournage dans Jusqu'ici tout va bien de Nawel Madani en 2022, puis, de retour à Dakar, une reconversion complète vers le jeu d'actrice. Aujourd'hui, elle incarne Ruby dans Takkema, un personnage à mille lieues d'elle : une « croqueuse de diamants » égoïste, qui aime l'argent et refuse d'avoir des enfants. « Elle prend ce qu'elle a à prendre », résume l'actrice, qui reconnaît volontiers ne pas partager grand-chose avec son personnage — si ce n'est le sens du travail.

Le revers de la notoriété

Mais la notoriété a un prix. Nefertiti Sow le décrit sans détour : « étouffant ». Fini les longueurs à la piscine sans arrière-pensée : « Tu auras certaines personnes qui te prendront en vidéo, qui le mettront sur les réseaux sociaux (...) je me ferais quand même insulter, alors que ça ne vient pas de moi. » Un quotidien sous surveillance qu'elle oppose à ses années parisiennes, dans le 19ᵉ arrondissement, où l'anonymat permettait plus de légèreté — elle avoue même un faible pour Saint-Denis, en banlieue.

« Être attirante et belle ne veut pas forcément dire qu'une personne qu'on ne connaît pas ait le droit de poser, ne serait-ce qu'un doigt sur nous. »

Interrogée sur ses expériences en France, elle affirme n'avoir jamais été confrontée au racisme, mais évoque un attouchement subi dans un bus bondé — un épisode qu'elle relie plus largement à une exposition liée à son image publique. Elle dit refuser catégoriquement d'être perçue comme une « copine trophée » et se dit devenue très méfiante envers celles et ceux qui l'approchent, projetant parfois sur elle les personnages qu'elle incarne à l'écran plutôt que sa vraie personnalité. « Je suis très parano même, j'assume », lâche-t-elle, mi-sérieuse.

Famille, valeurs et une vie sans superflu

Ce qui structure Nefertiti Sow, c'est la famille : parents, quatre frères, neveux, et un grand-père qui suit toutes ses séries — une des raisons, dit-elle, pour lesquelles elle a décliné un rôle « chaud » qui devait être diffusé sur A+. Autoentrepreneuse entre sa boutique et ses tournages, elle revendique une vie sans superflu : « Je n'aime pas quand je réfléchis trop, trop, trop, sinon je me fais des scénarios dans ma tête. » Côté politique, elle assume ses convictions de gauche, proche de Jean-Luc Mélenchon, mais n'a pas voté à la dernière élection sénégalaise faute de candidat convaincant.

L'avenir après Takkema

Sur l'état du cinéma sénégalais, elle se montre optimiste tout en appelant à plus de moyens face à des industries plus développées comme le Nigeria. La saison de Takkema touche à sa fin, et aucun nouveau projet n'est pour l'instant confirmé avec Evenprod Cinéma. « On verra, on verra après », conclut-elle, fidèle à sa philosophie : ne rien devancer, tout garder essentiel.

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