Ils manipulent chaque jour des métaux précieux, devenant malgré eux la cible privilégiée de malfaiteurs sans scrupules. À la suite du meurtre tragique d'un bijoutier à Mbao, la question de la sécurité de toute une profession refait surface avec acuité.
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Dans un secteur où l'activité est par essence exposée, l'inquiétude est palpable. « Trouver en quasi-totalité la sécurité, ce n'est pas facile », confie Madior Kandji, bijoutier au marché tillée de Dakar. Si la bijouterie est un commerce exposé, la menace ne se limite pas aux heures de vente : « Nous ne pouvons pas non plus être dans notre maison pour vendre nos bijoux. Ça revient à l'État et aux forces de défense et de sécurité de veiller à la sécurité des biens et des personnes. » dixit Amadou Alpha Thiam, vice président de l'association des bijoutiers du Senegal .
Entre système D et recours limités
En attendant une réponse étatique jugée plus robuste, les bijoutiers s'organisent tant bien que mal pour s’autoprotéger. Faute de pouvoir tout sécuriser au grand jour, beaucoup ont opté pour des solutions de repli : « Nous avons des dépôts qui ne sont pas visibles. C’est de là-bas qu’on garde nos bijoux, ce sont des magasins secrets », explique Madior Kandji. Le quotidien est donc rythmé par la précaution : les coffres et les marchandises ne sortent que le matin, entre 8h et 9h, pour être rangés dès la fin de journée, autour de 17h ou 18h. Caméras de surveillance et coffres-forts sont également de mise, mais ces dispositifs ont leurs limites face à la détermination des agresseurs.
Une vie humaine derrière l'or
Pour les professionnels, la mesure de la sécurité n’est plus seulement une précaution, c’est une nécessité vitale. Derrière la valeur marchande de l'or se trouvent des vies humaines qui basculent en un instant, transformant chaque journée de travail en une marche sur un fil. Les acteurs du secteur en appellent ainsi vigoureusement aux autorités pour que la protection des bijoutiers devienne une priorité absolue, afin que la quête quotidienne du pain ne se paie plus jamais au prix du sang.
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Nice