Sur le plateau d'Evenprod Medias, des acteurs du secteur privé sénégalais détaillent un portefeuille de projets chiffré à 1 200 milliards de francs CFA, capable selon eux de créer 32 000 emplois — et alertent sur les blocages qui freinent encore leur financement.
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Des « champions nationaux » prêts à investir
Membre du Club des investisseurs sénégalais (CIS), Alpha Sy évoque un portefeuille de 16 projets portés par des promoteurs déjà connus au Sénégal. Il cite notamment un projet porté par Babacar Ngom (Sedima), capable à lui seul d'injecter près de 100 milliards de francs CFA dans l'économie. « Quand on vous dit que Babacar Ngom est capable d'injecter 100 milliards dans l'économie sénégalaise, vous le croyez, parce qu'aujourd'hui sa structure vaut beaucoup plus que ça », assure-t-il. L'ensemble de ces projets, déjà présentés au président de la République selon lui, représenterait 278 milliards de francs CFA de retombées fiscales pour l'État.
La dette cachée, « un cheval de Troie »
Pour Alpha Sy, la crise de la dette cachée révèle un mode de financement à corriger : des sociétés étrangères venues au Sénégal sous couvert de prêts (notamment via Eximbank), dont le remboursement a in fine pesé sur la dette publique. « C'est vraiment le cheval de Troie », résume-t-il, plaidant pour davantage de projets portés par des capitaux et des promoteurs sénégalais plutôt que par du financement extérieur.
Yakaar-Teranga, un bloc gazier à l'arrêt depuis 2017
Dans le secteur du pétrole et du gaz, un intervenant pointe l'absence d'investissement depuis 2017 sur le bloc gazier Yakaar-Teranga, qui contiendrait 27 TCF de réserves selon ses propos. Le projet Ndar Energy, une centrale électrique portée par des investisseurs sénégalais à hauteur de 250 milliards de francs CFA, reste bloqué faute d'un pipeline de 85 kilomètres reliant le gisement de GTA — un financement de 300 millions de dollars que la Banque européenne de développement aurait suspendu dans l'attente, précisément, d'un accord avec le FMI. « C'est factuel », insiste-t-il.
« Le financement endogène dont on parle, c'est de la poudre aux yeux, c'est du rêve, c'est du populisme. »
S'inspirer du modèle marocain
Interrogée sur la solidité du secteur privé national, l'économiste du panel estime que le secteur privé sénégalais n'a pas encore les reins assez solides pour porter seul la croissance, faute d'un soutien structuré des pouvoirs publics — contrairement au Maroc, dont l'essor industriel des vingt dernières années s'est appuyé sur une sélection assumée de « champions nationaux ». Les intervenants plaident pour un conseil présidentiel de l'investissement associant secteur privé et État, et pour une préférence nationale assumée plutôt qu'un rapport de force sémantique autour du mot « protectionnisme ».
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